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C'est vendredi, c'est Duffy

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Histoire et politiques publiques

C'est le titre d'une journée d'études organisée avec Henry Rousso qui se tiendra sans doute à Sciences Po le 20 juin prochain. Elle a un lien direct (ce n'est pas le propos principal évidemment) avec certaines décisions politiques récentes. Voici le papier publié aujourd'hui par Henry Rousso dans Libération : " Un marketing mémoriel " Il y a six mois, l’idée de contraindre les enseignants à lire la lettre de Guy Môquet débouchait sur un fiasco. Improvisée, ignorante des réalités historiques, ressuscitant malgré elle les mensonges d’un communisme de guerre froide, l’initiative obligeait une fois plus l’école à se plier à un «devoir de mémoire» de plus en plus déconnecté de l’histoire, ce qui a pour effet d’abolir toute distance entre le passé et le présent puisque l’on ne joue presque exclusivement que sur l’émotion. Au moins pouvait-on croire qu’il s’agissait d’inverser la tendance dominante et d’inviter les Français à s’intéresser aux pages glorieuses (o...

Interactions de comptoir

La société est faite d'interactions. Cela n'est ni original, ni banal. Et chaque domaine de la société repose sur des interactions d'amplitude, de qualité et d'intensité différentes. Le monde de la recherche et de l'enseignement n'échappe évidemment pas à cette structure élémentaire de la vie en société et repose même sans doute plus que d'autres domaines sur la qualité de ces échanges qui rythment un cours ou une journée d'études. Si l'on prend par exemple un enseignement quelconque, il repose évidemment sur une multiplicité d'échanges plus ou moins structurés par des jeux de rôles, par des asymétries d'information (on peut s'attendre à ce que le prof en sache plus que les étudiants, au moins au début du cours) et par des positions institutionnelles et sociales distinctes. Dès lors, qu'est-ce qui fait un bon cours ? Et comment le juger ou l'évaluer ? Il y a évidemment le degré de savoir et de savoir-faire de l'enseignant, qui...

Victory Rose

Sigur Rós - Hoppipolla [via FoxyTunes / Sigur Rós ]

Politique des anges...

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La politique, c'est d'abord l'une des premières critiques construites du quinquennat Sarkozy sous la plume d'un ancien ministre travailliste, Denis Macshane dans Libération du 11 décembre 2007 : "En 1985, j’ai écrit un article intitulé «Leçons françaises à l’usage du Labour». Le Labour était alors antieuropéen, antiaméricain et opposé à toute modernisation économique. A l’inverse, la France de Mitterrand, de Mauroy et de Fabius soutenait la création du marché unique et encourageait le développement d’entreprises d’envergure internationale comme Saint-Gobain ou Renault. François Mitterrand se rendait au Bundestag, en Allemagne, pour appuyer le programme américain de missiles défensifs contre l’URSS alors que le reste de la gauche européenne trouvait des excuses au régime soviétique. Aujourd’hui, c’est M. Sarkozy qui chante les louanges du protectionnisme et téléphone à Poutine pour le féliciter des résultats d’élections truquées, pendant que le reste de l’Europe ...

Je me souviens... de la LRU

Les acronymes sont à la mode. Celui qui concerne le milieu académique actuellement est "LRU", pour la loi n° 2007-1199 du 10 août 2007 relative aux libertés et responsabilités des universités. Cette loi a déjà des conséquences, puisqu'elle a provoqué le blocage et la suspension des cours dans plusieurs universités en France, notamment à Grenoble où j'enseigne à Sciences Po. Donc, pas de cours, des mobilisations d'étudiants et parfois d'enseignants, des négociations au niveau ministériel et des interrogations sur la réforme de l'enseignement supérieur en France. Que penser de la loi et du mouvement ? Pour un académique travaillant sur l'action publique, cette loi peut être vue de deux façons : comme un analyste des politiques publiques, mais aussi comme un individu appartenant à la "clientèle" de la loi. Du point de vue de la sociologie de l'action publique, cette loi est typique à plus d'un titre. Elle s'intègre tout d'abord ...

Tribute to Ian Curtis et... Didier Péron

Lu dans Libération du 26 septembre 2007 sous la plume (talentueuse) de Didier Péron, dans un article consacré au film Control , biographie de Ian Curtis, chanteur défunt du lointain Joy Division : "Ce crépuscule des demi-dieux cold et new-wave nous transporte par-delà les ténèbres dans un passé déjà lointain, où la musique était encore une affaire de passion viscérale, non des fichiers échangés sur Internet. Car c'est peut-être ce que le film a de plus frappant, la reconstitution d'un monde étroit où un album d'Iggy Pop représentait la seule bouée à laquelle il était souhaitable de s'agripper (pour couler à pic). Un monde où la solitude était encore un sentiment concret. On écoutait seul Joy dans sa chambre parce que les autres mecs du lycée étaient des beaufs infâmes et qu'ils aimaient Hubert-Félix Thiéfaine. On pouvait écouter cette musique comme l'émanation exacte de cet isolement calamiteux qui a disparu avec l'arrivée du réseau mondial. Un groupe c...