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Printemps de comités de sélection pour les recrutements d'ATER, de maîtres de conférences et pour les mutations de professeurs. Les procédures n'ont pas beaucoup changé avec la LRU, ce qui confirme l'idée d'une permanence des pratiques. Il m'a semblé que les débats étaient assez ouverts et les critères plutôt partagés, même si les décisions eurent parfois lieu à de courtes majorités. Ce ne fut pas le cas apparemment dans tous les comités... Une remarque générale : la campagne actuelle a plutôt consacré des candidats depuis deux, trois, voire quatre ans sur le marché en attente d'un poste. Les carrières prennent un nouveau tour : thèse, ATER, plusieurs années de post-docs et/ou de contrats de recherche, puis recrutement (ou exit définitif...). Une autre remarque : l'appel récurrent à "aller voir ailleurs" (séjours à l'étranger, pas de recrutement dans l'université où l'on a fait sa thèse, etc.) sont encore des vœux pieux. Pour ceux qui ont joué le jeu, pas de prime, mais au contraire, un sentiment d'éloignement avec les réseaux qui "font" les recrutements (faut pas être naïf, non plus...).
A part ça ? Controverse factice et agaçante autour des propos de Aubry sur "Sarko-Madoff". L'UMP et la presse ont sans doute envie de nous faire croire que c'est plus important que la réforme des retraites, l'endettement public ou... la coupe du monde de football.
Allez, des musiques douces.





Commentaires

bouillaud a dit…
Comme je n'ai participé à aucune de ces commissions (être un marginal possède quelques avantages...), je ne peux pas en juger, mais le rallongement des cursus honorum nécessaire aux recrutements comme MCF me parait effectivement patent. On voit aussi revenir les mêmes noms à plusieurs reprises dans le choix des commissions, ce qui tend à avaliser ton hypothèse de la continuité avec la situation antérieure où on observait déjà ce phénomène.

Pour la musique, par contre, tu es fatigué à ce point?
Yves Surel a dit…
Oui, je suis crevé et déçu que tu n'apprécies pas la nouvelle track-list.
Pour revenir aux recrutements, il y a également le fait que, d'un point de vue relatif, le nombre de postes était assez significatif cette année. Déjà, par le passé, de telles situations avaient offert des mécanismes de "rattrapage" pour recruter enfin des personnes appréciées et passées près d'un poste à plusieurs reprises. Plus profondément, et le jury d'agrégation précédent en est une autre preuve, la carrière me semble de plus en plus "graduée" par des points de passage obligés : contrat doctoral ou bourse de thèse, monitorat ou vacation, ATER et/ou post-docs, MCF ou chercheur, professeur ou DR. La pratique semble consacrer l'idée de progressivité maintes fois demandée pour la "gestion" des carrières, même si le prix à payer est une précarisation accrue des statuts (notamment pour amorcer la trajectoire professionnelle). L'assèchement de la recherche doctorale à Sciences Po est peut-être une façon (brutale) de régler le problème.
DP a dit…
Bonjour,
je n'ai malheureusement pas grand-chose à dire sur la musique, j'essaierai la prochaine fois.
Je vais m'inscrire dans la suite de vos deux commentaires. Comme C. Bouillaud l'écrit, on observe en effet cette année une certaine similitude des listes de classement. En particulier, une personne a été classée première par trois commissions de recrutement pour des postes de MCF en France (soyons précis!). Sur deux de ces trois postes, les deux premières classées le sont dans le même ordre, ce qui revient à dire qu'elles auront probablement un poste chacune. Et le pire, c'est que cela se passe dans l'université de soutenance de thèse de chacune (le monde est quand même bien fait): IEP de Lyon et Paris-I. Pour cette dernière, on peut d'ailleurs exprimer sa surprise de n'avoir vu que deux personnes classées, et s'étonner de voir la candidate locale classée deuxième alors que la candidate classée première avait déjà été reçue à deux endroits; c'est à se demander si le jury n'a pas fait exprès de classer de la sorte (pour sauver les apparences d'une accusation de recrutement local) tout en sachant pertinemment que le poste reviendrait possiblement à la candidate locale. Bref, on en reste à Lampedusa: «Se vogliamo che tutto rimanga come è, bisogna che tutto cambi!».
Il y aurait bien d'autres choses à dire (le profil de la candidate classée première à Rouen sur un poste fléché "action publique", l'étonnante capacité du labo ETT à faire recruter ses doctorants au CNRS ou ailleurs, etc.), mais une vie n'y suffirait pas.
Bravo quand même à ceux qui ont été recrutés.

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