Commencer un blog

Commencer un blog tend à devenir une expérience banale, comme l'écriture d'un journal adolescent. Cela m'intéresse ici à deux titres : d'abord comme universitaire, pour voir quels compléments et quelles nouvelles relations cette forme de support peut offrir ; ensuite comme individu pour éprouver de nouvelles relations à l'écrit.
Sur ce dernier point, le web a changé de mon point de vue le rapport à l'écrit sur deux plans.
Sur le versant "actif" de l'écrit, il permet un contact libéré à l'écriture, en évitant toutes les formes de jugement plus ou moins intériorisées. S'exprimer sur le web rend possible l'évitement de questions paralysantes : Suis-je autorisé à écrire ? Que dois-je écrire ? Est-ce intéressant ? Aucune de ces questions ne se pose sur le web, puisque c'est l'auteur lui-même qui juge de la pertinence de ses écrits et les soumet immédiatement à d'hypothétiques lecteurs, dont il attend (ou pas) des commentaires, des contradictions, voire des jugements.
Sur le versant "passif" de l'écrit, le web démultiplie à l'infini les sources possibles de consultation et de transmission, en créant de fait le livre de sable qu'avait identifié Borges : "Il me dit que son livre s'appelait le livre de sable, parce que ni ce livre, ni le sable n'ont de commencement ni de fin". Plus d'intermédiation (apparente) entre l'écrit et le récepteur, puisque la notion d'éditeur par exemple disparait. Plus de limite physique à cet océan de mots, au sens propre, immédiatement consultable. Plus de frontières étanches entre l'écrit, l'image ou le son, puisque la création comme la réception de l'un et des autres se fait sur les mêmes supports.
Comme universitaire, je sais à peu près ce que le web a modifié : un accès facilité à une plus grande variété de données ; une profusion difficile à gérer d'éléments matériels et analytiques ; de nouvelles attentes (et donc de nouvelles possibilités et de nouvelles contraintes) pour les étudiants.
Comme individu, je ne sais pas encore précisément, et j'ai envie de savoir.

Commentaires

Anonyme a dit…
yeah. amazing text :)

Posts les plus consultés de ce blog

Dépression au-dessus d'un jardin anglais

L'électeur médian est un con qui ne dit pas son nom