Martine boude

Elle est pas bien, elle est dans un coin, Bashung est mort.
J'ai appris la nouvelle dans la chambre d'un hôtel à l'étranger, par une petite bande de texte passant en boucle sur l'écran de France 24. Je sais déjà que je me souviendrai toujours de cet instant, de la même façon que je me souviens très précisément du lieu où j'étais à l'annonce de la mort de Gainsbourg. Des réactions un peu enfantines, des souvenirs dérisoires qui finissent par compter. Une poussière dans l'œil et le monde entier soudain se trouble.
J'ai eu la chance de le voir en concert en 1995 à l'Olympia lors de la série de concerts qui donna lieu à l'album "Confessions publiques". Tout de noir vêtu, presque immobile, l'harmonica à portée de main. C'était magnifique, très intense, à la fois dans les moments de rage plus ou moins sourde, "Toujours sur la ligne blanche", ou dans les petites nouvelles de l'amour déçu, "Happe" et "Bijou Bijou".
"Fantaisie militaire" est pour moi son meilleur album. Et j'ai écouté certaines de ses chansons en boucle à des moments devenus importants, "Martine boude", "Samuel Hall" ou "Mes bras".
J'ai lu aujourd'hui des hommages émouvants, notamment l'édito de Bayon dans Libération. Les autres le célèbrent aussi. Je me demande ce qu'il aurait répondu à mon sujet de philo au bac : "La mort ajoute-t-elle à la valeur de la vie".
Cela n'a pas beaucoup d'importance, plus rien ne s'oppose à la nuit, rien ne justifie.

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